accueil | login | contact
Modules
· Accueil
· Archives
· Articles
· Membre
· Rechercher
· Sondages
· Sujets
· Top 10

A la mémoire de ...

Aaron Ben Attar
Sarah Cario Ben Attar
Mathilde Ben Attar
Yvette Ben Attar
Lazare Cario
Belline Cario
Maurice Ben Attar

Morts à Auschwitz



AUSCHWITZ
Vous êtes ici/HISTOIRES(S)/Georges Ben Attar/AUSCHWITZ/Page: 2/5

Une journée au camp

Le matin, au réveil, le chef de chambre arrivait et disait : "Debout, faites les lits et allez vous laver." Ensuite nous buvions une " tisane grise" en guise de petit-déjeuner, puis nous sortions et nous nous alignions en rang devant les blocks pour assister à l'interminable et terrible appel, sous la pluie, le vent, le froid ou la neige, parfois tout à la fois.
Les SS nous comptaient puis nous partions pour la journée de travail. Le kommando comprenait 500 déportés. Par groupe de 100 se trouve le kapo, par groupe de 50 se trouve le under kapo et par groupe de 10 se trouve le contremaître (von arbeiter). L'ensemble du kommando est sous la surveillance d'un SS qui marche à l'avant.

Je travaillais au centre de matériaux de construction de la Wafen SS et de la police allemande. Nous déchargions des wagons remplis de divers matériaux (briques, poutres, sacs de ciment) que nous portions sur le dos. Le trajet de retour s'effectuait à la course. Un jour, un SS trouve que je ne reviens pas assez vite, il crie : "Scbnell Menscb" (plus vite, homme) en me donnant un coup de matraque. Je me suis souvenu alors de la mort du déporté à Monowitz... J'évite le premier coup, le SS me rappelle, je prends le deuxième coup, repars, et ainsi de suite. J'ai pris des coups sans rien dire mais sans rester immobile pour pouvoir m'octroyer un temps de repos entre les coups. Cela aussi a contribué à me sauver la vie... C'est surtout dans les kommandos de travail que j'ai assisté à des assassinats de déportés.

A midi, on s'arrêtait pour "manger". Les miskas (gamelles) sont en émail rouge. Les louches dont se servaient les kapos pour nous donner notre ration ont une capacité d'un litre mais il est rare qu'elles soient remplies. Lorsque la distribution était terminée et les chefs servis à satiété, le kapo criait "Répéta" (au rab) et tous les déportés se précipitaient pour essayer de recevoir environ un quart de louche supplémentaire. Mais, là encore, à cause de la bousculade, les coups de louche pleuvaient de tous côtés. Pour éviter de recevoir les coups, je restais donc dans mon coin, me contentant de ma ration. Quand on rentrait au camp, le soir, les kapos faisaient à nouveau l'appel pour vérifier s'il n'y avait pas eu d'évadés. Tous les partants du matin devaient se trouver dans les rangs. C'est ainsi que les cadavres des morts de la journée figuraient parmi les vivants. Les rangs rompus, des kommandos spéciaux évacuaient les morts vers les fours crématoires.

J'ai su assez rapidement qu'à Auschwitz-Birkenau se trouvaient des fours crématoires car fréquemment les SS nous rappelaient que si l'on ne travaillait pas assez, nous irions le lendemain au crématoire. Par contre, j'ignorais que des trains entiers étaient gazés à l'arrivée. Je l'ai su bien longtemps après.

Au moment de l'appel et pour l'exemple, des hommes qui avaient tenté de s'évader étaient pendus sous nos yeux. Il s'agissait essentiellement de détenus polonais qui étaient déjà complètement déchiquetés par les chiens.




Page Précédente Page Précédente (1/5) - Page Suivante (3/5) Page Suivante


Content ©
Accueil | Ajouter un article | Histoire(s) | Rechercher | Liens Web


Tranche de Survie © 2005 AMBA & Helene Ben Attar Fernandez. Tous droits réservés.

Tous les logos et marques sur ce site appartiennent à leurs propriétaires respectifs.PHP-Nuke Copyright © 2005 by Francisco Burzi. PhpNuke est un logiciel libre distribué sous licence GPL.